5e Journées d'actualité de la recherche archéologique au Grand-Duché de Luxembourg

200 participantes et participants pour le plus grand événement scientifique dédié au patrimoine culturel de la Grande Région

Le ministre de la Culture, Eric Thill, a ouvert jeudi 1er octobre 2026 les 5e Journées d'actualité de la recherche archéologique au Grand-Duché de Luxembourg (JALUX), organisées par l'Institut national de recherches archéologiques (INRA) en coopération avec l'Université du Luxembourg, au campus d'Esch-Belval. Il s'agit de la deuxième édition consécutive accueillie par l'Université, signe de la vitalité de la coopération scientifique et de la recherche archéologique et historique dans le pays.

Avec 200 participantes et participants - archéologues professionnels, chercheurs et chercheuses, étudiants et bénévoles -, les JALUX constituent désormais le plus grand événement scientifique de son genre dédié au patrimoine culturel de la Grande Région. Un succès d'autant plus remarquable que l'INRA n'existe que depuis 2022.

Un soutien politique fort à l'archéologie luxembourgeoise

Dans son discours d'ouverture, le ministre a souligné les avancées majeures accomplies par le Luxembourg en matière d'archéologie. La loi de 2022 a doté le pays d'un outil moderne pour l'archéologie et l'archéologie préventive en particulier: l'État prend désormais en charge à 100% les coûts des fouilles archéologiques, y compris la recherche qui suit les fouilles. Cette prise en charge garantit l'indépendance scientifique des opérations, sans impacter les opérateurs économiques des secteurs du logement et de l'aménagement.

"Je sais que nous ne sommes pas encore là où le sont certains pays voisins avec leurs longues traditions universitaires: le Luxembourg a donc un certain retard à rattraper, mais cela rend aussi votre rôle d'autant plus important et passionnant!"

Le ministre a également rappelé la stratégie d'accessibilité à la culture qu'il a récemment présentée à la presse, visant à rapprocher le patrimoine culturel de tous les publics: chercheurs, amateurs d'histoire locale, touristes, jeunes et personnes en situation de handicap p.ex. Il a par ailleurs salué la convention signée en décembre 2025 entre l'INRA et l'Université du Luxembourg, qui a déjà permis d'organiser de nombreuses conférences, formations, projets de recherche ou stages.

"L'archéologie ne se limite pas à une évocation romantique du passé: elle vise à comprendre ce que nous sommes aujourd'hui et ce qui nous définit. Il s'agit de confronter les mythes aux faits et d'étudier, pour mieux les restituer, les belles comme les moins belles pages de l'histoire de l'humanité dans notre pays."

Deux journées de découvertes, de la Préhistoire aux Temps modernes

Le programme des JALUX 2026 (voir pièces jointes) illustre la richesse et la diversité des présentations proposées: de la préhistoire aux temps modernes, des fouilles locales aux projets européens, en passant par les questions environnementales, les nouvelles technologies, l'archéologie préventive, le bénévolat, la valorisation des sites, des projets muséologiques de terrain et la réalité virtuelle.

Les recherches sur les sites néolithiques de l'est du Luxembourg et le projet BLACKAXES.DH, un workflow d'analyse des trouvailles lithiques assisté par intelligence artificielle, ont ouvert les présentations, avant de passer à la Protohistoire et à l'époque gallo-romaine avec les premiers résultats de la fouille préventive d'Altwies, l'agglomération antique de Schandel, les tombes du Ier siècle mises au jour à Heinerscheid-Auf Fring, le trésor de solidi "Um Rank" et un jumeau numérique du théâtre gallo-romain de Dalheim. Les périodes plus récentes ne furent pas en reste: l'Antiquité tardive et le Moyen Âge furent notamment illustrés par les nouvelles découvertes sur la nécropole mérovingienne d'Audun-le-Tiche, le cimetière de Burmerange, l'église des Trinitaires à Vianden et les châteaux de Beaufort et de Bettendorf.

Les Temps modernes ont enfin été à l'honneur avec les fouilles de l'ancienne Bibliothèque nationale, une fonderie du XIXe siècle à Fischbach et le projet BouLux, une étude archéométallurgique inédite en Europe portant sur 215 boulets de canon "autrichiens" découverts à Luxembourg-Bonnevoie.

Au-delà de la recherche de terrain, la valorisation du patrimoine archéologique (sites, objets) par l'INRA occupa une place de choix, notamment avec INRA InSitu, une proposition d'exposition "pop-up" itinérante consacrée à l'archéologie luxembourgeoise, tandis qu'une discussion ouverte sur les nouvelles donnes de l'archéologie au Luxembourg - "Fouiller en 6 mois – mission (im)possible?" - a clôturé ces deux journées.

Une interdisciplinarité au coeur de la Grande Région

La diversité des acteurs présents - opérateurs privés luxembourgeois, partenaires de la Grande Région (Inrap France, AWaP Belgique, Euro-Métropole de Metz), chercheurs internationaux, universités européennes et associations bénévoles - témoigne de l'ancrage de la recherche archéologique luxembourgeoise dans un réseau scientifique européen dynamique, au bénéfice de la compréhension de l'histoire et des identités multiples du pays.

Communiqué par l'Institut national de recherches archéologiques (INRA)

Membre du gouvernement

THILL Eric

Thème

Culture

Date de l'événement

01.10.2026 - 02.10.2026