Avenir du moulin à vent sur le site du CHL: une solution tenant compte de différents enjeux

Dans le cadre du projet de construction du nouveau bâtiment du Centre hospitalier de Luxembourg (CHL), approuvé par le Conseil de gouvernement le 29 avril 2022, la question de l'avenir du moulin à vent, inscrit à l'inventaire supplémentaire depuis le 11 décembre 2002, s'est posée.

Au regard des besoins fonctionnels du "Nouveau Bâtiment Centre" et compte tenu de son statut d'infrastructure critique, la réalisation d'un grand hall des urgences et d'un SAS ambulances, impliquant la démolition du moulin, a été retenue.

Compte tenu de l'état d'avancement des travaux, les ministères concernés ont néanmoins poursuivi leurs échanges afin d'identifier des solutions encore envisageables permettant de concilier les impératifs de santé publique et la préservation du patrimoine.

À l'issue de ces discussions, une solution tenant compte des différents enjeux a été dégagée: elle prévoit la reconstruction de la tour du moulin à vent à proximité immédiate de son lieu d'origine, ainsi que sa mise en valeur en tant que témoin de l'histoire industrielle.

Les coûts liés à l'ensemble de cette opération – déconstruction, stockage et reconstruction – seront pris en charge par le maître d'ouvrage, à savoir le CHL.

Un patrimoine inscrit à l'inventaire supplémentaire confronté à des contraintes fonctionnelles

Dans le cadre de la planification du projet, entamée en 2014, les besoins fonctionnels liés à l'organisation des services d'urgence (dont notamment la nécessité de disposer de surfaces suffisantes pour un hall d'urgence élargi et des accès ambulanciers) ont contraint les autorités compétentes à retenir une utilisation complète du site, y inclus l'emplacement actuel du moulin à vent en question.

Ces exigences ont par la suite été confirmées par la Commission permanente pour le secteur hospitalier et entérinées par la loi du 15 juillet 2022 autorisant l'État à participer au financement des travaux de construction du nouveau bâtiment du CHL.

Vers une solution de compris

Afin d'examiner les solutions permettant de concilier au mieux ces impératifs avec la sauvegarde du patrimoine, un groupe technique interministériel a été constitué, réunissant des représentants et représentantes du CHL, du ministère de la Santé et de la Sécurité sociale, du ministère de la Culture et de l'Institut national pour le patrimoine architectural (INPA). Une étude a été commandée afin de savoir si des parties de l'ouvrage pouvaient être soigneusement déconstruites et reconstruites ailleurs.

En octobre 2025, au vu des résultats de cette étude et des conclusions du groupe technique, la décision de soigneusement déconstruire l'édifice, conformément aux règles de l'art, en vue de sa reconstruction ultérieure, a pu être prise. Les éléments déconstruits seront temporairement stockés dans des conditions sécurisées, en vue de la reconstruction future.

Sur base d'une seconde étude de faisabilité approfondie, une solution pour la reconstruction de l'édifice a pu être déterminée: la reconstruction de la tour du moulin est prévue à proximité immédiate de son site d'origine, au croisement du Val Fleuri et de la route d'Arlon, sur un terrain appartenant au CHL, et ce dès la mise en service du "Nouveau Bâtiment Centre", soit au plus tard au deuxième semestre 2029.

Cette localisation a été identifiée comme la seule techniquement faisable dans le périmètre du projet, tout en permettant de maintenir un lien fort avec le contexte historique du site.

Une reconstruction au service du patrimoine

Le projet prévoit également une mise en valeur renforcée de cet élément patrimonial. Le nouvel emplacement, situé à proximité de la future ligne de tramway et aisément accessible au public, offrira une visibilité accrue au moulin. Des aménagements spécifiques, tels qu'une signalétique pédagogique et des dispositifs de médiation, permettront d'en valoriser l'histoire et la portée dans le développement industriel du Grand-Duché. La possibilité de reconstituer les ailes du moulin sera également étudiée.

Enfin, afin de permettre la mise en oeuvre de cette solution, le ministre de la Culture a autorisé, sous ces conditions, la radiation du moulin de l'inventaire supplémentaire des monuments nationaux.

Ce dossier, au regard de ses spécificités, souligne par ailleurs l'importance de prendre en compte les enjeux patrimoniaux dès la phase de planification des projets.

Communiqué par le ministère de la Santé et de la Sécurité sociale et le ministère de la Culture